• Fanny LE GUEN

Ma petite RSE à moi

Dernière mise à jour : 8 juil.


La RSE, ça ne concerne que les "grosses boîtes".


D'accord ou pas d'accord avec cette idée ?


"Pas d'accord" bien évidemment :-)


Je ne cesse de répéter aux petites et moyennes structures que j'accompagne qu'elles doivent s'y mettre, que c'est un élément "différenciant" et en passe de devenir déterminant.


Surtout qu'à défaut d'avoir les équipes marketing pour les valoriser ... les petites et moyennes structures font très souvent déjà beaucoup de choses qui relèvent de la RSE, sans même en avoir conscience.


Mais, la RSE c'est quoi au fait ?

L'acronyme signifie Responsabilité Sociétale des Entreprises, on l'appelle aussi Responsabilité Sociale des Entreprises ou plus largement Responsabilité Sociétale/Sociale des Organisations (RSO).


Elle est définie par la commission européenne comme "l'intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec les parties prenantes".


Dit autrement, il s'agit de la contributions des entreprises / organisations aux enjeux du Développement Durable.


En bref, l'objectif est d'avoir un impact positif sur la société tout en étant viable économiquement.


Qui est concerné ?


Toutes les structures, quels que soient leurs statuts, tailles ou moyens peuvent agir.


Seules les entreprises cotées en bourse et les entreprises au chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros ou de plus de 500 employés ont l'obligation de rendre des comptes sur leurs impacts sociaux et environnementaux via du reporting.


Pour quoi faire ?

Dans un rapport d'octobre 2019, le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE), liste différents types d'enjeux :

  • des enjeux politiques et éthiques

  • des enjeux économiques et financiers

  • des enjeux sociaux

  • des enjeux environnementaux

  • des enjeux sociétaux




"Il s’agit de définir un développement soutenable, inclusif, égalitaire et économe des ressources limitées de la planète. Il n’y aura pas de progrès social sans une économie saine ; il n’y aura pas d’économie du tout sur une planète morte ; il n’y aura pas de transition écologique sans progrès social et réduction des inégalités. Jusqu’à aujourd’hui, le champ économique a toujours prévalu sur les 2 autres piliers du développement durable. L’enjeu des transitions est bien de changer de paradigme pour résoudre les crises majeures qui sont devant nous et trouver un réel équilibre entre ces trois piliers. La RSO est un excellent outil pour y parvenir."

Comment faire ?

Le rapport énumère les multiples moyens de prendre en compte la RSO dans la vie de l'organisation :

  • amélioration de la gestion des risques (humains, environnementaux, ...),

  • diminution des impacts environnementaux négatifs ou augmentation des positifs,

  • politique d'achat responsable,

  • adhésion à une association d'entreprises responsables

  • . . .

Parmi les actions "structurantes" :

  • formation de la gouvernance sur les sujets RSO

  • intégration de critères RSO dans la part variable de la rémunération des dirigeants, voire des salariés

  • mise en place d'instances de dialogue donneurs d'ordre / sous-traitants

  • mise en place d'une comptabilité élargie aux enjeux sociaux et sociétaux (comptabilité CARE)

  • . . .

Les engagements peuvent se concrétiser par des actes tangibles en matière de gouvernance, de rémunération, d'outils de gestion, ...


La politique RSE/O et les actions qui en découlent impactent toutes les parties prenantes, et notamment les salariés qui doivent être associés aux différentes étapes (définition, conduite, évaluation). Une bonne opportunité de redonner du sens à l'action et de les rendre fiers de la structure pour laquelle ils travaillent.


Quelques exemples d'actions ?

RSE/O & Environnement

  • Passer à un fournisseur d’énergies renouvelables

  • Mettre en place un plan de déplacement d’entreprise

  • Établir un plan de réduction des déchets

  • Penser au recyclage

  • Réduire votre consommation de papier

  • Évaluer vos consommations d’énergie / d'eau

  • Optimiser sa consommation d’énergie grâce à un plan de réduction du gaspillage énergétique

  • Mieux gérer la température de vos infrastructures

  • . . .

RSE/O & RH

  • S’assurer de respecter les règles de base de la santé et de l’hygiène au travail

  • Respecter le droit du travail

  • Proposer du télétravail (dans de bonnes conditions)

  • Promouvoir l’égalité hommes-femmes dans la structure

  • Promouvoir la diversité dans vos équipes (et développer des pratiques inclusives)

  • Promouvoir des formes de management plus démocratiques

  • . . .

RSE/O & pratiques sociétales

  • Établir des règles pour les achats responsables

  • Participer au développement économique local en choisissant des partenaires locaux

  • Favoriser les circuits courts

  • Interagir avec l’économie sociale et solidaire

  • Rédiger une charte éthique

  • Évaluer et agir sur votre empreinte économique locale

  • . . .

Attention ce ne sont que des exemples !

Pour avoir du sens, les actions doivent s'inscrire dans une démarche globale, en concertation avec les parties prenantes.



Quelques exemples de "bénéfices" ?


  • Faciliter le recrutement en améliorant son attractivité

  • Motiver ses collaborateurs autour d’un projet positif et améliorer sa marque employeur

  • Garantir la santé, la sécurité et le bien-être au travail

  • Améliorer les relations avec ses partenaires (fournisseurs, prestataires, etc.)

  • Se différencier dans son positionnement lors de réponse à des marchés publics

  • Attirer des investisseurs / des mécènes

  • Agir pour le bien sociétal

  • Réduire son impact sur l’environnement

  • Favoriser l’innovation (en recherchant des solutions pour faire "autrement")

  • Améliorer sa "notoriété"

  • Être en phase avec les attentes de ses clients / son public / ses usagers

  • Justifier le bien-fondé de ses activités

  • . . .


Une étude de France Stratégie fait même ressortir un gain de performance de 13%, pas mal non ?


Quel est le cadre réglementaire de la RSE ?


La Norme ISO 26000

Il existe une norme ISO (ISO 26000) qui définit le périmètre de la RSE au travers de 7 thématiques :


La Loi PACTE du 22/05/2019

Le Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises (PACTE) permet de redéfinir la raison d’être des entreprises et de renforcer la prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux liés à leur activité.


La Loi vient ainsi modifié certains articles du Code Civil pour :

  • intégrer la notion jurisprudentielle "d'intérêt social"

  • affirmer la nécessité pour les entreprises de prendre en considération les enjeux sociaux et environnementaux inhérents à leur activité

  • reconnaître la possibilité aux entreprises qui le souhaitent de se doter d’une raison d’être dans leurs statuts (= projet de long terme dans lequel s’inscrit l’objet social de l’entreprise).

La Loi a également créé le statut "d'entreprise à mission", qui se caractérise par 2 éléments :

  • une raison d'être : "constituée des principes dont la société se dote et pour le respect desquels elle entend affecter des moyens dans la réalisation de son activité. Elle explicite l’identité et la vocation de l’entreprise et éclaire son passé et son futur » (article 1835 du Code Civil

  • des objectifs associés


Pour autant, il est possible de développer des actions RSE/O sans s'inscrire spécifiquement dans un cadre réglementaire, souvent trop contraignant pour les petites structures.




Et c'est naturellement là que vous vous demandez ce que moi je fais, histoire de voir si je mets en application mes principes ?


1. J'ai développé mon activité au sein d'une Coopérative d'Activité et d'Entrepreneur.e.s sous statut de SCOP

Ca change quoi ? Beaucoup de choses ! Un projet collectif, la mutualisation au service de toutes les activités, la coopération entre entrepreneur.e.s, la gouvernance partagée, la transparence dans le fonctionnement, le fait que chaque personne vaut 1 voix, le partage des bénéfices de façon limitée pour capitaliser avant tout dans l'outil collectif . . .


2. J'accompagne majoritairement des structures à "impact positif"

Ca veut dire quoi ? il peut s'agir de structures qui oeuvrent dans un secteur d'activité en lien avec le social, l'environnement, l'éducation, la culture, les médias avec une finalité vertueuse ... ou bien qui ont mis en place des modes de gouvernance ou de fonctionnement "plus démocratiques" en leur sein.

J'accompagne aussi celles qui sont en questionnement sur leurs pratiques pour les améliorer.


3. L'ensemble de mon approche vise à faire évoluer les organisations vers des relations (plus) vertueuses

Esotérisme ? Les questions de Qualité de Vie et des Conditions de travail sont en filigrane de toutes mes interventions : qualité du travail, organisation, pratiques managériales, relations professionnelles, dialogue social, ...

Avec un objectif assumé de développer la performance économique ET sociale, pour que tout le monde s'y retrouve.


4. Je traite toutes les parties prenantes avec considération, respect et bienveillance

Qui sont les "parties prenantes" ? Les dirigeants, les salariés, les représentants du personnel, les administrateurs, les financeurs, les conseillers OPCO, les partenaires institutionnels, ...

Avant la fonction je vois l'humain et j'ai à coeur d'appliquer la "règle d'or", à savoir traiter les autres comme je voudrais être traitée.


5. Je choisis la proximité et j'opte pour des modes de déplacement responsables

Kezako ? Je fais 80% de mes déplacements professionnels à vélo, 18% en transports en commun et 2% en voiture quand vraiment je ne peux pas faire autrement.

Sauf rares exceptions, mes clients sont basés sur Lyon et communes limitrophes. Être en proximité limite mes déplacements et permet de réaliser l'accompagnement au rythme des équipes et pas dans un objectif d'optimisation de mes frais de déplacement.


6. Je limite mes déchets

Je ne peux pas travailler sans matériel informatique. Par contre, j'achète du matériel durable, avec un bon indice de réparabilité et je suis en 0 papier.


7. Mon restaurant d'entreprise (= ma cuisine) ne sert que des repas végétariens

Et oui, j'ai conscience de risquer le clivage, mais j'assume :-)


Ce n'est pas grand chose me direz-vous et je suis bien d'accord, je ne m'endors pas sur mes lauriers et suis toujours en train de questionner mes pratiques pour les améliorer.



Et vous ? vous vous y mettez quand ?



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