• Fanny LE GUEN

Pourquoi la prévention des risques professionnels dans les petites structures est-elle si complexe ?



Qu'est-ce qu'une "petite structure"


On l'appelle souvent TPE. C'est une entité juridique (association, entreprise, scop, ...) qui emploie moins de 11 salarié.e.s.


Elles sont environ 3 millions en France.

La moitié d'entre elles qui embauchent des salarié.e.s réprésentent 19% de l'emploi salarié du secteur privé. Elles oeuvrent à :

  • 77,1% dans le tertiaire

  • 13,5% dans la construction

  • 6,7% dans l'industrie



Qu'est-ce qui les caractérise?


Portrait robot de ou de la dirigeant.e de petite structure

  • centré.e sur son coeur de métier (expert.e avant d'être chef.fe d'entreprise)

  • concentrant toutes les fonctions de la structure

  • plutôt isolé.e

  • très occupé.e

Un mode relationnel différent des grandes entreprises

  • proximité entre les personnes

  • prédominance de l'informel

  • peu ou pas de représentation du personnel

  • grande polyvalence de chaque salari.é pour optimiser le ratio fonction(s) à couvrir/ temps de travail

Des moyens plus limités

  • peu ou pas de personnes ressources dédiées spécifiquement aux questions RH et santé au travail

  • manque de temps, de compétences, d'appétence pour réaliser une veille / rechercher des informations sur les sujets RH et santé au travail

  • plus grande fragilité financière qui définit des priorités en lien avec la pérennité économique immédiate


Et la prévention dans tout ça ?


Elle est étroitement liée à la personnalité, à la formation et aux priorités du ou de la dirigeant.e.



La difficile évaluation des risques


La perception d'un risque n'est possible que si on est capable de l'identifier.


La plupart des dirigeant.es (et des salarié.e.s) considèrent que leur structure / leur activité ne présente pas de risque particulier, jusqu’à accident grave.


Le Document Unique d'Evaluation des Risques Professionnels (obligatoire dès le ou la 1er.e salarié.e) est, dans la majorité des structures :

  • soit méconnu

  • soit réalisé a minima pour remplir l'obligation règlementaire en cas de contrôle

Quand il est réalisé, il occulte généralement les risques psychosociaux pour ne se concentrer que sur les risques physiques.


Le manque de lisibilité de l'offre de prévention


Il existe pléthore d'intervenants et de dispositifs, pourtant les petites structures y recourent peu. Pourquoi ?


Le panel des interlocuteurs est (trop?) dense, pour des structures qui ne disposent pas des moyens humains à mobiliser sur la recherche d'informations sur ces sujets.


Si les services de santé au travail sont cités spontanément par les dirigeant.e.s, ils sont aussi considérés comme ne répondant pas à leurs besoins ("peu réactifs", "pas pro-actifs", "opaques" ...).


Les organismes de protection sociale ? les dirigant.e.s ne connaissent pas forcément leur rôle (hormis pour la partie complémentaire santé), ils ne savent pas trop ce que comprend leur offre, ce qui est inclus dans leurs garanties, ... et la relation "commerciale" peut susciter une certaine méfiance.


Les organismes tels que la CARSAT ou la DIRECCTE ? leurs rôles sont soit méconnus, soit ils suscitent également une certaine méfiance.


Des intermédiaires de confiance mais dont la prévention n'est pas le coeur de métier


Quand on interroge un.e dirigeant.e sur sa personne ressource, il ou elle cite immédiatement l'expert-comptable. Une relation de confiance, à qui l'on confie tout : la gestion des finances, la gestion sociale, les questions juridiques plus globales, ...


Mais, sauf exception(s), les cabinets d'expertise-comptable ne sont pas compétents en matière de prévention. Ils fournissent parfois des trames de DUERP, mais ils ne peuvent pas aider dirigeant.e.s et salarié.e.s à développer une culture de la prévention. Ils ont par contre été identifiés par le Groupe Permanent Régional d’Orientation des conditions de travail (GPRO) comme relais d'informations de prévention, et une expérimentation est en cours


Certains leviers ont été identifiés


  • Prendre en compte la situation du ou de la dirigeant.e et les difficultés que lui ou elle rencontre à son niveau au quotidien (charge mentale, conciliation vie personnelle/vie professionnelle, stress, ...)

  • Prendre en compte les moyens limités dont disposent les petites structures pour leur proposer des solutions adaptées à leur réalité

  • Construire à petits pas une culture de la prévention partagée entre les différentes parties prenantes de la structure (qui ne repose donc pas uniquement sur une seule personne) en accompagnant leur montée en compétences sur ces sujets

  • Démontrer l'intérêt économique à moyen-long terme de développer une culture de prévention (moins de coûts indirects et plus de performance globale)

  • Transformer les contraintes règlementaires en opportunités de mettre en place des actions pertinentes, qui ont du sens et génèrent d'autres contreparties (climat social, fluidité des relations, engagement, ...)

  • Privilégier les approches ciblées (métiers, secteur, territoire, risques prioritaires, ...) et pragmatiques

  • Construire des approches / offres complémentaires entre les différents acteurs (SST, CARSAT, DIRECCTE, CCI, Syndicats employeur, Syndicats salarié.e.s, experts-comptables, organismes de protection sociale / d'assurance ...)


Pour résumer


  • Les "petites structures" sont très nombreuses et hétérogènes et il n'y a pas en leur sein d'interlocuteur.rice dédié.e aux questions de prévention que peuvent cibler les différents acteurs de la prévention

  • Les risques professionnels sont bien présents dans les petites structures (ce n'est pas pour rien qu'elles sont la cible prioritaire de Plan Santé Travail et de l'ensemble des dispositifs existants)

  • L'offre de prévention existe, elle se traduit par des ressources documentaires, des accompagnements, des appuis financiers . . . mais elle n'atteint pas sa cible

  • Pour les atteindre, il est nécessaire d'être en proximité avec elles et qu'une relation de confiance se mette en place


Pour aller plus loin


Rappel des ressources existantes


Participation à une enquête terrain

Vous dirigez une 'petite structure" et souhaitez participer à une enquête sur la question de la prévention des risques professionnels ?

Vous pourrez également faire partie d'un panel pour expérimenter des solutions qui seront développées à l'issue de l'enquête

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Être accompagné.e sur une démarche d'évaluation des risques professionnels pour développer une culture de la prévention partagée

Les accompagnements que je propose sont construits sur mesure, dans une perspective de transfert de compétences vers les parties prenantes de la structure (dirigeant.e, CSE, salarié.e.s) en mobilisant l'intelligence collective. Je vous apporte un appui méthodologique, des ressources adaptées à votre situation / à vos problématiques et nous définissons ensemble comment les mettre en oeuvre des solutions concrètes et pragmatiques.

Mon approche vise une performance économique et sociale des structures accompagnées.

Je suis enregistrée auprès de la DIRECCTE ARA en tant qu'Intervenante en Prévention des Risques Professionnels (IPRP).

Pour en savoir plus


Activité de la société coopérative Elycoop (SCOP SARL à capital variable)

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