• Fanny LE GUEN

Qu'est-ce qu'une addiction ? Quels sont les facteurs de risque ?

Dernière mise à jour : 27 mars


Voici quelques éléments, permettant de mieux cerner cette notion, que je souhaitais partager avec vous :


Selon l’INRS, « L’addiction est synonyme de dépendance : désir puissant et permanent de continuer une consommation malgré toutes les complications existantes. »


Selon l’INSERM, « le diagnostic de l’addiction (ou dépendance) repose sur des critères bien définis, fixés par des instances internationales de santé mentale et répertoriés dans un manuel, le Diagnostic and Statistical manual of Mental disorders (DSM), dont la cinquième édition date de 2013. Parmi ces critères, on trouve la perte de contrôle de soi, l’interférence de la consommation sur les activités scolaires ou professionnelles, ou encore la poursuite de la consommation malgré la prise de conscience des troubles qu’elle engendre".



Un sujet est considéré comme souffrant d’une addiction quand il présente ou a présenté, au cours des 12 derniers mois, au moins deux des onze critères suivants:


  1. Besoin impérieux et irrépressible de consommer la substance ou de jouer (craving)

  2. Perte de contrôle sur la quantité et le temps dédié à la prise de substance ou au jeu

  3. Beaucoup de temps consacré à la recherche de substances ou au jeu

  4. Augmentation de la tolérance au produit addictif

  5. Présence d’un syndrome de sevrage, c’est-à-dire de l’ensemble des symptômes provoqués par l’arrêt brutal de la consommation ou du jeu

  6. Incapacité de remplir des obligations importantes

  7. Usage même lorsqu'il y a un risque physique

  8. Problèmes personnels ou sociaux

  9. Désir ou effort s persistants pour diminuer les doses ou l’activité

  10. Activités réduites au profit de la consommation ou du jeu

  11. Poursuite de la consommation malgré les dégâts physiques ou psychologiques


L’addiction est qualifiée de faible si 2 à 3 critères sont satisfaits, modérée pour 4 à 5 critères et sévère pour 6 critères et plus.



« L’installation d’une addiction implique au moins trois mécaniques :

  1. une augmentation de la motivation à consommer la drogue (recherche de plaisir),

  2. un état émotionnel négatif (recherche d’un soulagement),

  3. une diminution de la capacité à se contrôler (perte de contrôle de la consommation). »



Quels sont les facteurs de risques ?


Comme le rapportent L. Karila et M. Reynaud, « les pratiques addictives résultent de l’interaction de facteurs liés au(x) produit(s) consommé(s) (substance psychoactive ou autre), de facteurs personnels et de facteurs liés à l’environnement dans lequel évolue l’individu. »


La première des substances psychoactives posant problème en termes de sécurité est l’alcool.


Selon une étude de l’INSERM, les circonstances professionnelles favorisant la consommation d’alcool au travail sont :


  • le stress au travail,

  • les exigences liées aux postes de sécurité,

  • certains rythmes de travail dont le travail posté,

  • les activités répétitives,

  • les habitudes de consommation dans l’entreprise (la non-consommation est parfois une cause d’exclusion),

  • les pots en entreprise et les repas d’affaires.


Par ailleurs, il ressort que certaines contraintes de travail augmentent la consommation d’alcool :

  • travail en plein air (plus de la moitié du temps de travail),

  • travail dans une posture pénible ou fatigante,

  • exposition à des secousses ou des vibrations,

  • port de charges lourdes,

  • déplacements longs, fatigants ou rapides.



Si ce petit tour d'horizon vous a permis de mieux cerner cette notion, sachez que d'autres articles sur la question des Risques Psychosociaux vont suivre.


Comment agir ?


L'employeur doit veiller à la santé et à la sécurité de ses travailleurs en mettant en place des actions de prévention, d'information et de formation. Il doit également évaluer les risques professionnels sur chaque poste de travail. Ces risques sont consignés dans un document. En cas de non-respect de cette obligation, sa responsabilité civile et/ou pénale peut être engagée.


Par qu'on ne peut évaluer que ce qu'on connaît, il est important que les parties prenantes au sein d'une organisation disposent d'un socle de connaissances partagé sur les risques professionnels. Cela permettra par la suite de construire une culture de la prévention partagée et dynamique, tout en respectant les obligations légales.


Les Risques psychosociaux sont parfois difficiles à appréhender pour les employeurs.


Je peux vous accompagner de différentes manières :

  • sensibilisation du dirigeant et/ou des managers sur les obligations de l'employeur en matière de santé et de sécurité au travail

  • accompagnement des IRP sur leur rôle en matière de Santé Sécurité et Conditions de Travail

  • accompagnement de l'Evaluation des Risques Professionnels et mise à jour du DUERP

  • accompagnement de la construction, en intelligence collective, de plans d'actions

  • animation d'ateliers sur les risques psychosociaux

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